PREAMBULE DE DMP-RDC
Des années déjà que l’Afrique forme ses cadres universitaires, prestataires des soins et médecins. Mais pour ce dernier, le défi reste majeur car environ 64000 médecins formés en Afrique exercent ensuite dans les pays riches ; et malheureusement pour l’Afrique la triste réalité sévit : développement à deux vitesses faisant que certains pays, dont la République Démocratique du Congo, investissent dans la formation des médecins et autres prestataires des soins en faveur d’autres pays d’Afrique et du monde et subventionnent en conséquence leurs systèmes de santé à leur propre détriment.
En effet, les médecins congolais ont fait leur preuve de savoirs dans beaucoup des pays, où dans certains de ces pays, la diaspora médicale congolaise peut atteindre jusqu’à 60% du corps médical prestant et dont les prestations ne sont pas rémunérées proportionnellement au travail fourni. C’est dire combien l’éducation médicale au Congo a survécu aux péripéties qu’elle a connues même dans ses années les plus sombres.
Il n’est pas rare que le public Congolais et d’autres d’Afrique, pour les mieux nantis, politiciens, grands commerçants et haut-fonctionnaires de l’Etat choisissent d’aller se faire soigner en Europe, en Inde, aux Etats Unies et cela pour une grippe ou une appendicite ou pour chercher une méthode des planification familiale efficace, ou encore un cancer duquel il n’est sera pas surprenant qu’on dise à ce patient itinérant qu’il n’y a plus rien à faire, que seuls les soins palliatifs sont possibles, qu’il vaut mieux rentrer chez soi pour poursuivre ses soins. Combien d’enfants meurent de malnutrition dans le pays, combien des femmes meurent seulement parce qu’elles veulent donner une vie, combien sont ces femmes et enfants qui sont en proie aux incidents de protection et subissent des maltraitances sexuelles qui ne seront pas bien pris en charge, combien des familles souffrent des pathologies liées à l’eau et aux mains sales, pour ne citer que ces quelques phénomènes affreux.
La RDC, fort de ses près de 20000 Médecins, assure une couverture médicale de 8,9%, un gap terrible, loin par rapport à d’autres pays voisins comme l’Angola 70,5%, le Congo Brazza 52,7%, Rwanda 43,2%, Burundi 37,2% pour ne citer que ceux-là. Ces gaps sont liés notamment aux conditions sécuritaires et de travail précaires ; les zones de santé laissent à désirer en RDC parce que les infrastructures sanitaires sont insuffisantes ; c’est parce que le secteur privé a pris le dessus sur le secteur public, parce que les conditions de recrutement n’étant pas toujours la compétence, encore moins l’excellence, parce que la rémunération n’est pas adéquate. Les universités produisent plus de médecins que des infrastructures d’accueil disponibles, parce que notre système éducatif datant de l’époque postcoloniale reste tourné vers la pratique et non la pratique -recherche, sources d’intégration de la connaissance dans le développement de la société, … c’est dire un système de santé chancelant.
Certes notre système de santé reste rudimentaire par endroit et nécessite une révolution en termes de modernisation des infrastructures ou de l’administration des soins appropriés, mais il faut également fustiger le fait que la population reste ignorante à l’idée de penser qu’elle peut faire confiance à ses services disponibles. Par ailleurs, certains prestataires des soins eux-mêmes ne savent pas qu’à côté d’eux, ou quelque part on puisse avoir tels services ou telle compétence.
Il est temps de créer une plateforme bidimensionnelle d’information du public et les médecins eux-mêmes sur nos capacités institutionnelles et sur les compétences individuelles médicales disponibles au pays et dans le monde et cela par un service d’orientation à distance. Le temps de la revalorisation des compétences a sonné. Oui, il est temps qu’une plate-forme médicale, en plus de faire un plaidoyer permanent auprès des autorités compétentes du pays pour la qualité des soins de santé et par ricochet, du système de santé, la plateforme de la diaspora médicale réunie en association, qui se veut être sans interférence avec les organisations traditionnelles syndicales et autres, se place en interlocuteur innovant, permanent, des décideurs dans le Pays ; il est temps pour le corps médical de s’approprier le santé et le bien-être socio-sanitaire dans le pays et au gouvernement de s’investir dans l’amélioration de la qualité des soins et de reprendre sa hauteur régalienne dans l’organisation de la santé, de développement, une politique de création d’emploi dans le secteur de la santé, et ainsi nous parviendrons au développement de la RDC et du Continent.
A l’ère de la communication et de la mondialisation, marquée en médecine par l’émergence de la télémédecine, il importe que le personnel médical Congolais ainsi que le Public Congolais et d’ailleurs, puisse tirer les avantages liés à cette technologie notamment pour sa performance dans la formation continue comme dans le partage des expériences avec ses collègues, un mode d’apprentissage efficace car induisant l’émulation professionnelle ; un modèle d’une pratique médicale de l’amélioration de la qualité des soins basée sur l’évidence car ayant vus faire, ayant fait, ayant lu, ayant réalisé, ayant publié, la plateforme de la diaspora médicale se veut être un espace de recherche des compétences pour le public avec les ONG tant nationaux qu’internationaux œuvrant dans le domaine de la santé. L’Etat Congolais voir d’autres Etats du monde et particulièrement pour les pays en voie de développement et zones à ressources limitées, dans lequel contexte nombre d’entre-nous avons des preuves d’adaptation et de performance, aux écoles de médecines et aux prestataires des soins de la RDC et du monde. Il est temps d’innover dans le domaine de la médecine en RDC comme dans tous les pays en voie de développement, par l’octroi des services de santé à distance, par l’orientation justifiée des patients vers des soins de qualité.
Soucieux de renforcer la cohésion sociale et professionnelle, fort de son expérience inestimable et complexe, qui dans des pays avec un système de santé stable et performant, qui dans des zones à ressources limitées, dans des conditions d’épidémie et d’urgences sanitaires, la plateforme de la diaspora médicale congolaise faite des médecins généralistes, des médecins spécialistes dans tous les domaines, clinique comme en santé publique et voire des enseignants, se sont réunis en Association Sans But Lucratif dénommée : « Diaspora Médicale Plus-RDC », regorgeant en son sein des médecins de nationalité Congolaise de la diaspora et ceux œuvrant au pays (RDC) ayant adhéré aux valeurs et idéaux de l’association; ayant pris conscience de leur compétences, connaissances et expériences, ont décidé de mettre en concert leurs capacités en vue de mettre en place un Cadre de Développement Professionnel Basé sur l’Expérience Evidente (CDPBE), cadre qui se veut unique et innovant dans le domaine de la santé et ses corolaires ainsi que le jumelage santé-protection en RDC et dans le monde, en réunissant des dizaines voire des centaines des professionnels de santé (Médecins en particulier) avec diverses expériences et compétences, animés par un idéal, l’amélioration de la qualité des soins par la mise au point des schémas thérapeutique adaptés aux institutions sanitaires des régions à ressources limitées, la promotion de la santé, la protection et l’encadrement des groupes vulnérables, vivants sur tous les quatre coins de la terre, en mettant en contribution la participation communautaire et les avantages de la mondialisation dans les régions à ressources limitées, une vraie source des compétences évidentes et des consultances en matière de santé, un espace d’échange d’expériences et de formation continue des prestataires des soins.
Chevronné du secteur de la santé publique, fort de plus de 24 années d’expérience dans les domaines de la médecine clinique, de l’action humanitaire et de l’enseignement en sciences de santé. Titulaire d’un diplôme en Management et Politique du Système de Santé de l’École de Santé Publique de l’Université de Goma, j’ai contribué de manière significative au renforcement des systèmes de santé dans mon Pays, la République Démocratique du Congo, en Afrique centrale, en associant rigueur académique, leadership opérationnel et sens de l’engagement communautaire.
Domaines de compétence : Gestion et réforme des systèmes de santé, Coordination de programmes humanitaires multisectoriels, Pratique clinique et encadrement médical, Enseignement et formation des professionnels de la santé, Plaidoyer et développement de politiques sanitaires